A propos de ce qui se passe en Guadeloupe, voici l'excellente tribune de Noël mamère publiée sur son site le 16 février 2009: rien à ajouter. "Guyane, Guadeloupe, Martinique, Réunion. Par vagues successives, les peuples des dernières colonies de l’Empire se mettent en mouvement pour exiger leurs droits à la dignité et à la justice sociale. La crise et la baisse du pouvoir d’achat ont fédéré les populations contre un pouvoir colonial qui maintient ces territoires dans une marginalisation entretenue depuis des décennies. La Guadeloupe est aujourd’hui paralysée par une grève générale commencée le 20 janvier et dont les principales revendications sont : l’augmentation du SMIC de 200 euros et de tous les minima sociaux, la baisse des prix, notamment des carburants, le blocage des loyers. En tout, 146 revendications, qui ont été établies par la population, à travers ses organisations syndicales et populaires, réunies dans un collectif LKP ( Liyannaj Kont Pwofitasyon, Mouvement contre l’exploitation ), le plus puissant jamais développé dans l’île. Le 30 janvier, à Pointe-à-Pitre, il avait réussi à rassembler plus de 65000 personnes, soit à peu près 15 % de la population totale de Guadeloupe. Mais ce mouvement, historique, ne se limite pas à l’exigence d’un plan d’urgence face à la crise, il fédère la colère, au nom du respect, de l’égalité sociale et de la mémoire collective issue de l’esclavage. Les collectifs qui structurent ce soulèvement identitaire, réunissent toutes les […]
Tribune publiée également ici: Sous prétexte de relance de l’économie, Nicolas Sarkozy a fortement affaibli les règles encadrant l’attribution des marchés publics. C’est un nouveau coup porté à la transparence des décisions politiques et au-delà, au fonctionnement des instances démocratiques de notre pays. En effet, la nouvelle réforme du code des marchés publics permet dorénavant à un maire ou un président de communauté d’agglomération de passer une commande publique jusqu’à 5 150 000 € (contre 206 000 € avant la réforme) en toute opacité, sans passer devant une Commission d’appel d’offres, c’est-à-dire sans consultation des élus. A Plaine Commune, les différents groupes politiques, lors du Conseil communautaire en date du 27 janvier 2009, se sont prononcés à l’unanimité pour garder les procédures de marché telles qu’elles existaient avant la réforme. Ainsi, il a été décidé le maintien de procédures assurant les règles d’ « égalité de traitement des candidats », de « transparence des procédures » et du principe de « liberté d’accès à la commande publique », tels que définis par l’article 1 du Code des marchés publics. Les garanties de transparence dans l’attribution des marchés sont donc toujours valables au sein de notre instance. Tous les marchés publics de Plaine Commune, entre 206 000 euros et 5 150 000 euros, continueront à passer obligatoirement par la Commission d’appels d’offres et par le bureau délibératif qui lui seul autorisera le président à signer un […]
Communiqué de presse du 12 février 2009 Total annonce un bénéfice historique en 2008, 13,9 milliards d’euros soit une progression de 14%, grâce à la flambée du prix du pétrole (97 dollars le baril en moyenne avec une pointe à 147 dollars). La patronne du Medef s’en réjouit et trouve la nouvelle "formidable". Comme l'a écrit Nicolas Hulot, nous sommes en plein syndrome du titanic. Pendant que le bateau coule, l'orchestre continue à jouer de la musique... Martin Hirsch en appelle à la bonne volonté de la compagnie pétrolière et lui demande de créer des emplois. Appel vain et dérisoire! Tout le monde, MEDEF compris, a trouvé normal les aides publiques aux banques ou au secteur automobile en difficulté. La logique voudrait qu'inversement des bénéfices records tels ceux qu'annonce Total soient frappés d'une taxation exceptionnelle. Le produit de cet impôt sur les bénéfices dépassant un certain seuil pourrait permettre de créer des emplois, de réduire notre dépendance au pétrole et notre empreinte écologique. Il faudrait l'affecter au subventionnement de l’isolation des logements, des énergies de substitution et des moyens de transports alternatifs à la route. Il est temps que la France se désintoxique du pétrole et réinvestisse les richesses du pays pour préparer la conversion écologique de son économie. Jean-Louis Roumégas et Djamila Sonzogni, Porte-parole
Communiqué de presse des Verts du 10 février 2009 Les Verts demandent solennellement à Valérie Pécresse de reconnaître l’échec de sa stratégie du passage en force, et de retirer sans délai ses projets actuels de réformes et de décrets. Alors que la quasi-totalité des universités sont en grève, la nomination d’une médiatrice sur la seule question du statut des enseignants-chercheurs est une manoeuvre de diversion dérisoire. Seul un geste fort permettra de restaurer la confiance et d’ouvrir une véritable concertation sur l’évolution de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. La communauté scientifique et le monde étudiant ne se battent pas pour le statu-quo : ils demandent à être parties prenantes d’une évolution réfléchie, qui prenne le temps de remettre à plat les missions et l’architecture du système public de recherche et d’enseignement supérieur. Les Verts appuient sans réserves cette demande. Ils sont prêts à participer à un vaste débat national sur ces questions, qui devra impliquer les collectifs, les syndicats, les partis politiques, les associations concernées. Il est urgent de réinstituer des méthodes démocratiques en lieu et place de l’autoritarisme qui préside aujourd’hui aux destinées du pays. Le modèle de société que tente d’imposer Nicolas Sarkozy se résume à la concurrence exacerbée entre individus, entre territoires, entre établissements publics, à la lutte pour accaparer des moyens de fonctionnement toujours raréfiés, à la compétition […]
Une tribune publiée dans le Monde signée notamment par Martine Billard, Dany Cohn-Bendit, Cécile Duflot et Noël Mamère Plus de deux mois après l’opération à grand spectacle menée par la police dite "antiterroriste" sur le plateau de Millevaches, que reste-t-il du battage orchestré par les autorités gouvernementales ? On avait annoncé le démantèlement d’un dangereux réseau de terroristes de l’ultragauche, baptisés "anarcho-autonomes", dont les actes de sabotage mettaient en danger des milliers de vies. Des centaines de policiers avaient investi, à l’aube du 11 novembre, le paisible village de Tarnac en Corrèze, pour y arrêter un groupe de jeunes gens qui, on l’a appris peu à peu au gré de fuites distillées, avaient pour premier tort de ne pas bien penser et de ne pas vivre comme tout le monde : lisant des livres jugés subversifs, menant une vie qualifiée par le parquet de "dissolue", n’ayant pas - circonstance aggravante - de téléphone portable, et donc plus difficiles à écouter à leur insu, ces dangereux révoltés ont été présentés comme les auteurs de dégradations récurrentes du réseau de caténaires alimentant les trains en électricité. Ils étaient, en réalité, si "clandestins" qu’ils géraient l’épicerie du village et étaient appréciés de tout le voisinage... Au nom de lois d’exception qui depuis vingt-trois ans sacrifient le respect de l’Etat de droit à la gesticulation antiterroriste, on a mené une sorte d’opération de commando militaire ; on a violé la présomption […]